Message de Pâques de Mgr Paul-André Durocher 09-04-2020

 

 

 

 

Un ours noir se réveille de son hibernation. Après des mois passés dans une sombre caverne, il réussit à se faufiler un chemin dans la neige et à sortir au grand jour. Amaigri, titubant, il prend ses premiers pas sous le regard d’un garde forestier qui capte ces images remarquables sur son téléphone intelligent. Depuis quelques semaines, cette vidéo fait le tour des réseaux sociaux et réchauffe les cœurs. Cet ours semble nous promettre une sortie éventuelle des cavernes dans lesquelles le coronavirus nous a obligés à nous réfugier. Il nous dit : « Un jour, vous sortirez, vous pourrez revivre au grand jour comme avant, la vie reprendra. » Ça fait du bien de nous le rappeler.

 

Mais une autre image me vient en tête : celle d’une chenille qui se hisse sur une tige, se tisse un cocon, s’y renferme suivant une loi de la nature qu’elle ne comprend pas, y sommeille pendant quelque temps… et en sort toute transformée en papillon multicolore capable de voler. Cette image parle plus de la merveille que nous fêtons à Pâques, la résurrection du Christ. Car trois jours après sa passion sur la Croix, Jésus ne s’est pas simplement réveillé du sommeil de la mort pour reprendre le cours normal de sa vie. Il a été profondément transformé par la puissance de l’Esprit de Dieu. Certes, il gardait dans son corps les traces des supplices qu’il a subis, mais il éclatait d’une vie que rien – ni l’espace ni le temps – ne pourrait jamais plus retenir.

 

Mon espoir est que les maisons et les appartements où nous sommes confinés en ces jours ressembleront plus à la tombe du Christ qu’à la caverne de l’ours. Oui, ce temps est pénible, particulièrement pour les vieillards, les personnes vulnérables, les sans-emplois et tant d’autres dont la précarité de vie est décuplée. Ce temps nous empêche tous de poursuivre nos rêves, de continuer nos élans et de construire nos projets. Mais se pourrait-il qu’il nous soit donné justement pour évaluer ces rêves, juger ces élans et revoir ces projets? Serait-ce le moment de revenir à l’essentiel, de retrouver les valeurs fondamentales et de changer nos vies?

 

Choisissons donc de vivre cette crise comme une occasion de transformation individuelle et collective. Même l’Église ne pourra pas simplement retourner à des pratiques et des habitudes d’avant la pandémie : elle est appelée à une conversion pastorale et missionnaire profonde. Acceptons ce long Samedi Saint avec patience, courage et générosité. Et préparons-nous à être réveillés, mais surtout transformés par l’Esprit, dans le matin pascal que le Seigneur nous promet. On peut avoir de la sympathie pour l’ours, mais nous sommes appelés à devenir des papillons!

 

Joyeuses Pâques!

 

+ Paul-André Durocher
Administrateur apostolique du diocèse de Mont-Laurier

 

 

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